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Intoxication au Monoxyde de carbone (CO)

le Sam 6 Avr - 22:02
L’intoxication aiguë par le CO est fréquente, souvent collective et
saisonnière. Première cause de mortalité accidentelle d’origine toxique,
seulement 70% des intoxications sont diagnostiquées. On compte en
France, chaque année, 5000 intoxications et 100 décès. Lors de la
dernière période hivernale de chauffe des habitations 2011 – 2012 (du 1er septembre au 31 mars 2012), 3228 personnes ont été exposées à des émanations de CO et, parmi elles, 541 ont été hospitalisées.
La
toxicité du CO n’est pas seulement liée à la fixation du CO sur
l’hémoglobine réduisant la saturation de l’Hb en O2. L’intoxication au
CO est responsable d’une toxicité cellulaire indépendante de l’hypoxémie
et dont les composantes sont essentiellement immunologiques et
inflammatoires (fixation à la myoglobine, aux cytochromes a, a3,
production de NO, péroxydation des lipides membranaires, stress oxydatif
mitochondrial, apoptose, altération de la réponse immune à médiation,
inflammation secondaire) et dépendantes de la durée d’exposition. Ces
actions sont responsables des complications tissulaires et du pronostic
qui n’est pas toujours lié à la gravité de l’intoxication oxycarbonée.

Traitement de l’appel au 15



Les symptômes de l’intoxication au CO ne sont pas spécifiques :
céphalées, nausées et asthénie, convulsions, troubles de la conscience.
Les
médecins régulateurs des SAMU centre 15 s’efforceront d’évoquer
l’intoxication sur ces symptômes dès lors qu’un chauffage / chauffe eau
à gaz / fioul / alcool ou une cheminée sont identifiés comme une source
possible de CO. L’envoi de Sapeurs Pompiers avec un dispositif de
détection du CO sera alors logique.
A noter que la classique couleur rouge cochenille des téguments n’est présente que dans les intoxications létales.

Mise en condition initiale



Ventiler la pièce (ouvrir les portes, les fenêtres)
Oxygénothérapie
systématique, dans tous les cas ou l’intoxication est suspectée, au
débit minimum de 12 L/min au masque à haute concentration, sans attendre
les résultats du dosage de l’HbCO.
Voie veineuse périphérique : NaCl 0,9% en garde veine
Monitoring scope, SpO2 (valeur faussement rassurante, l’HbCO est détectée comme l’HbO2 sur un capteur de SpO2)

Diagnostic









Signes initiaux


d’autant plus évocateurs que symptômes collectifs
céphalées, nausées, vomissements
troubles de la conscience, de la mémoire, vertiges
fatigue


Signes de gravité


coma hypertonique, trismus, convulsions
hyperthermie, sueurs et coloration « cochenille » des téguments (rare et grave)
HTA
rhabdomyolyse puis insuffisance rénale aiguë
détresse respiratoire possible
cas décrits d’hémorragie digestive et de pancréatite
ECG : tachycardie, troubles du rythme, troubles diffus de la repolarisation, infarctus du myocarde possible


Rechercher des facteurs aggravants


intoxication alcoolique ou médicamenteuse
lésions traumatiques
intoxication aux fumées d’incendie (Cf. CODU intoxications aux fumées d’incendie)
tares associées (comorbidité cardiopulmonaire, tabagisme)
perte de connaissance
âge > 36 ans
HbCO > ou = 25%
prise en charge tardive > 24h

Explorations complémentaires



dosage de l’HbCO sur sang hépariné
gaz du sang : acidose métabolique (signe de gravité)
ionogramme sanguin : hypokaliémie possible
radio pulmonaire
ECG répétés
dosage de la troponine au moindre doute

Prise en charge spécifique



L’hémoglobine a une affinité 230 fois plus forte pour le CO que
pour l’oxygène, La demi-vie du CO est de 320 minutes en air ambiant, 90
minutes en FiO2 100%, et 23 minutes dans un caisson hyperbare à 3
atmosphères



Oxygénothérapie en FiO2 100%


l’oxygénothérapie
au masque à haute concentration est débutée sans attendre les résultats
du bilan biologique et poursuivie jusqu’à l’oxygénothérapie hyperbare
si elle est indiquée


Oxygénothérapie hyperbare


Ne pas hésiter à proposer le patient au médecin du Caisson


Sur la région parisienne :


caisson
du Val de Grâce 01 40 51 45 11 - Caisson Monoplace, Nécessité d’un
pédiatre plongeur en cas de prise en charge pédiatrique
caisson de Garches (92) 01 47 10 79 00 poste 3340 - Caisson 4 places assises, 1 place couchée, 1 pédiatre plongeur sur place.


Indications


perte de connaissance même brève
trouble de la conscience, convulsions
signe neurologique (signes d’irritation pyramidale : réflexes ostéotendineux vifs, Babinski...)
toute grossesse quelle qu’en soit la gravité initiale
pathologie cardio pulmonaire préexistante et/ou modification de I’ECG (trouble de la repolarisation, de la conduction)
indications larges chez l’enfant


Contre-indications


pneumothorax non draîné
bronchospasme majeur.

Surveillance



fonction cardiocirculatoire : FC, PA, état circulatoire périphérique, ECG
fonction respiratoire : FR, SpO2 , auscultation
diurèse
état de conscience, signes neurologiques

Critères d’orientation hospitalière



HBCO > 15 %

Consultation post urgence



Le suivi neurologique des patients à 1 mois est essentiel.


Le syndrome post intervallaire est lié à l’anoxie histotoxique
(démyélinisation de la substance blanche cérébrale ?). Son délai
d’apparition est variable (2 à 40 jours : 3 semaines en moyenne).


troubles de la mémoire
troubles du comportement
troubles de l’humeur
démence précoce
céphalées chroniques
insomnie


Chez l’enfant, l’avis pédiatrique spécialisé est systématique.


Source : http://www.urgences-serveur.fr/intoxication-au-monoxyde-de,289.html par Dr Michel NAHON
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